California makis sur le time-sheet

« T’as pas un truc à bouffer ? Pas eu une seconde à moi aujourd’hui. On est en pleine migration du site de la Fnac. Ouais, y’a des CP Tech qui sont dessus depuis vendredi soir. J’ai suivi ça par mail. J’ai time-sheeté sur mon week-end par solidarité avec eux. Moi je suis dessus depuis 11h. Avant j’étais chez mon étiopathe. Tes vraiment sûr que t’as rien à grignoter ? Parce que j’ai pas eu le temps de déj’ ce midi avec mon tennis et l’AO PG.

Ouais en ce moment je suis en pleine refonte. Pas de moi mais du site. Le CP Fonc est sur les specs depuis deux semaines. Les Client veut pas les valider. Pas assez précises alors que tout me parait clair, pas toi ? Un client chiant ch’te dis.

Je suis resté jusqu’à 21h hier soir. J’ai eu mon épouse au téléphone qui m’a expliqué qu’un parent d’élève l’avait insultée car Corentin a bousillé le cartable de son fils. Appeler le mec et le remettre à sa place ça m’a mis un temps fou. Mais au final on a convenu que Véro est une chieuse et qu’elle s’énervait très vite. Les stagiaires pourront te le confirmer, eux qui sont restés jusqu’à minuit.

Je me demande s’il faudrait pas time-sheeter le baby-foot des Dév’ sur autre chose qu’« interne inoccupé ». Le pét’ de midi des Créas je veux bien comprendre car ils sont réellement inoccupés à ce moment-là, mais le baby-foot des Dév’ c’est une occupation quand même !

J’aurais bien commandé des California makis mais je n’ai pas le numéro de Sushi Express sur moi. Tu l’as toi ? Non mais de toutes façons je dois bientôt filer en copil et les California makis c’est pas pratique à 130 sur le périph’. »

D&bile

Apr&s Val&rie Damidot, c’& la Cendrine Dominguez qui s’y & mise. Non mais s&rieusement, ils vont pas un peu nous lâch& le pinceau avec la déco ? Surtout lorsque la solution à tous nos probl&mes r&side en un sticker de cul de z&bre ?

Homosexuel (adj. et n.) [comp. du gr. homos, semblable, et du lat. sexus, sexe.] : Etre sensible et cultivé qui adore la déco. Syn. : Steevy Boulay, Wentworth Miller

Ouais bah moi j’aime pas la déco. Est-ce que ça fait de moi un bouffeur de tutus pour autant ? Non, en fait j’aime bien la déco. Les lustres noirs et les stickers de culs de girafe c’est mon oui-oui comme on dit en Russie. Mais je trouve ça bien triste d’aller choisir tout seul un abat-jour – quelle violence dans ce mot ! Abat-jour ! PAN !
J’aimerais tant pouvoir choisir mes bougies papillons roses à paillettes avec Ricardo ou Pablo mais surtout pas avec solo. J’ai besoin d’un blaireau pour me conforter dans mes goûts de techios.

Alors peut-être ai-je tort et dois-je envisager que mon Prochain soit enchanté en découvrant la beauté de mon intérieur : « Ton intérieur est très coquet, c’est très cosy. Ton intérieur a beaucoup de cachet, on s’y sent comme chez soi ». Oui, peut-être devrais-je me dire ça.
Mais en attendant je préfère envisager l’avenir comme un château que l’on construit et décore à deux. Les tours à édifier, les créneaux à crâner et les hachis-coulis à cuisiner. Que voulez-vous, je n’ai jamais joué tout seul aux châteaux de sable.

Ally dans le métro

C’est la fatigue, c’est la fatigue qui m’empêche d’écrire. Je n’ai plus de temps de cerveau disponible.

J’ai bien fait de préparer mes posts à l’avance avec ce nouveau taf. Le matin je n’écris plus dans le métro. Je dors ou je regarde Ally McBeal. Oui, je me paye ce luxe sur mon iPod vidéo. Je ne le fais pas sur toutes les lignes cependant. La 11 ou la 13 ne s’y prêtent pas trop. Je ne vais pas exhiber à l’honnête travailleur ce joujou qui représente la moitié de sa paye mensuelle. Je ne sors mon joujou doré que dans les lignes de Riches comme la 1 ou la 3. Et bien entendu dans ma ligne de métro privée : la 3bis. Même si son trajet ne me permet que de voir le générique de Vonda Shepard.

X-Tina VS Raphie

« Tu nous avais beaucoup impressionné lors des castings. Tu avais l’air si sûr de toi. Tu rayonnais. Et aujourd’hui, maintenant que tu es dans le château, tu es comme éteint. Tu ne crois plus en toi. Comment veux-tu alors que le public croit en toi ? »

J’étais victorieux lors des entretiens, si sûr de moi. Certain de ma valeur. Et aujourd’hui je baisse les bras lorsqu’un de mes collègues fustige mon travail sur la place mailistique. Qu’il en soit ainsi…
Et bah non.

Fuck mon éducation judéo-chrétienne et fuck la schtroumpf lala ! Aujourd’hui c’est rab de frites au Red Bull à la cantoche ! C’est open-bambouzeraie et c’est Fighter dans ta face !

Aujourd’hui c’est merci Raphie : Thanks for making me a fighter !

Aux Champs Elysées

J’habite la plus belle ville du monde. Ou du moins, réputée comme telle. Et pourtant rien ne m’empêche de m’y sentir triste.

Je travaille à deux stations des Champs Elyseés, la plus belle avenue du monde. Je pourrais y aller tous les jours en me disant ô combien j’y suis heureux, en me demandant combien de personnes au même moment sur la planète rêverait d’y être comme moi je peux rêver du Taj Mahal ou de la Cinquième avenue. Et pourtant.
Et pourtant en sortant de Franklin Delano Roosevelt je pense parfois à ce garçon « avec qui j’ai ». Rien de plus, alors que je pourrais penser à tout ce qu’il y a eu de mauvais entre nous. Je pense juste à lui, et ça me terrifie.
Parfois je suis terrifié sur les Champs Elysées.

Mais pas tout le temps.

Je me sentais victorieux ce soir-là sur les champs dorés, certain de la fin d’un long cycle. Quelle que fût l’issue de l’entretien professionnel que je venais de passer, je me sentais plus fort, certain de ma victoire sur le temps. J’étais devenu un homme entre temps. Un adulte. Un homme rond, dur. Comme une pomme. Je ne savais pas encore qu’être adulte n’est que la capacité à pouvoir vivre seul.
Toute seule la pomme dans la glotte. Il est loin le Paradis du Fruit sur les Champs Elysées.

Et puis il y a ce soir, où je sors de mon travail et m’aventure sur l’avenue maudite. J’ai enfin le poste que je voulais dans une entreprise qui me plaisait. Je ne suis pas en haut de la montagne, je suis sur une colline. Mais même si j’étais sur les cimes, je pense que je ne pourrais pas voir ce que se cache, là-bas, derrière l’horizon. La concrétisation d’un rêve n’enlève pas la tristesse, elle l’atténue à certains instants par des touches de joie. La joie touche ma tristesse. Le bonheur se trouve dans la sensation.
Le bonheur se trouve dans cette descente, des Champs Elysées. Le courant sur les tempes, les touristes affalés. Descendre les courants alizés pour se donner l’illusion d’avoir fait quelque chose de sa journée. Velléité. Je n’aurais fait que travailler et écrire ce billet. C’est déjà pas mal, déjà pas mal de travailler à deux pas des Champs Elysées.

Regarde-moi dans les yeux quand je t’embrasse

Tu regardes à droite quand je t’embrasse. Si si, ne dis pas le contraire.
Bah non maintenant je ne vais plus t’embrasser « pour voir », parce que tu vas faire attention à ne pas le faire. Ca compte plus parce que je te l’ai dit. Tu vas te concentrer pour ne plus regarder à droite.

Il faudrait que je relise mes cours de Techniques de Communication pour savoir ce que ça signifie déjà. Est-ce interprété comme un mouvement de recul ou encore une projection dans le futur ? Putain, je n’aurais pas jeté ces cours si j’avais su qu’un jour ils me serviraient à décrypter le comportement de mon amoureux.
En tout cas, ça ne m’a pas l’air bon. Si vraiment il voulait se projeter dans le futur il me regarderait dans les yeux, ou sur le nez plutôt. Ou alors il fermerait les yeux. Bah oui, il pourrait pas faire comme tout le monde et fermer les yeux cet abruti ? M’en fous s’il pense alors à un autre ou s’il les ferme parce qu’il me trouve moche !
Ah non, peut-être pas finalement…

« Tu peux continuer à regarder à droite si tu veux.
– Hein ? Quoi ?
– Non, rien. Embrasse-moi. »

Muscle ton corps

« Non mais c’est qwoaaaaa c’blaireau sur l’podium ?
– T’as vu comment il danse ? On dirait un handicapé.
– Mais pourquoi il danse avec les deux bras en bandoulière ?
– Apprend à déplier les bras mon gars !
– Laet’ tais-toi ! On va s’faire remarquer !
– Ouais et après c’boulet va croire qu’on l’drague !
– Quelle ho-rreur !
– J’parie qu’il est encore puceau.
– Tu m’étonnes…
– Dîtes les filles, c’est pas le même mec qui dormait tout à l’heure à côté de la grosse ? »

Oui, c’était bien moi qui m’étais endormi à côté d’une grosse sur les fauteuils du Duplex. Et elles avaient également raison sur le fait que j’étais encore puceau à 18 ans, et que j’étais dans l’incapacité de déplier mes bras.

C’était l’été où je bossais à La Défense. Je m’occupais de trier le courrier des expatriés d’un grand groupe pétrolier français (on se demande bien lequel…). Autant dire que je me faisais profondément chier et que je n’hésitais pas à ouvrir délicatement les cellophanes des Studio Magazines qui passaient entre mes mains afin de les feuilleter.

Ce midi-là j’avais décidé de tester la salle de sport de la Tour où je bossais. Vu les darons qui y traînaient, je ne complexais nullement sur mes muscles inexistants. Allez hop on était parti !
Une, deux, une, deux ! Altères. Hop, hop, hop ! Truc machin chose qui me fait soulever des poids. Voilà. Et puis ce bidule-là aussi, ça a l’air bon pour mes bras. J’avais l’impression d’être dans une pâtisserie du sport où je demandais à un serveur imaginaire de me servir plein d’exercices différents sur un plateau. Et comme dans une pâtisserie orientale, je ne connaissais aucun nom de ces mets incongrus.
En tout, j’avais du passer presque une heure à développer mon futur corps de rêve. A ce rythme-là et en y allant tous les midis, je serais beau comme un camion sur les plages en août.

Et en effet mon corps se transforma en quelques clics d’haltères, puisque dés l’après-midi je sentis mes biceps se raidir. Subissais-je une mutation génétique accélérée comme le jeune Spiderman ? Devrais-je prochainement remplacer toutes mes chemises comme l’incroyable Hulk et prendre une carte de fidélité chez Zara Homme ? Non, je développais tout simplement une tendinite au bras droit.

Quel con, non mais quel con ! A vouloir trop soulever, je ne pouvais même plus soulever le loquet de la porte qui me retenait à mon bureau. Le soir-même, mes potes se foutèrent bien de ma gueule malgré le coude valide qui me servait à lever les verres.
L’après-midi suivant, je me rendis au centre commercial Parly II avec mes parents. Et tout en essayant une paire de baskets, je dus appeler d’urgence un vendeur : « Excusez-moi jeune homme, mais heu… J’ai comment dire… Un léger problème. »

J’étais également devenu incapable de déplier mon bras gauche. Je me retrouvais avec une double tendinite qui m’empêchait de nouer mes lacets. Les deux bras repliés, je me retrouvais invalide et dans l’obligation de demander de l’aide à un vendeur pour chausser mes baskets.
Je vous présente Cendrillon l’handicapée.

« Non mais sérieux quoaaa, il a l’air trop con ce mec avec les bras repliés sur le podium !
– Je sais pas. T’as vu comme il rigole avec ses copains ? Il a l’air heureux comme ça finalement. »

Lettre au jeune lecteur

Il n’est pas aisé de donner le nom de ce site lorsque je rencontre un garçon. Et pourtant souvent je le fais.

A la question « Que fais-tu de ton temps libre ? », je ne réponds pas que je sors, que je vais au ciné, que j’aime les animaux et le rire des enfants, non, car ça fait tarte. Je réponds que j’écris. Même si ça fait pompeux.

« Ah bon ? T’écris quoi ? »
Alors j’essaie vaguement de décrire ce que j’écris tout en me disant « Comment tu te la pètes ! T’as jamais publié ! » et je termine en disant que j’ai un blog. Et c’est là que ça se complique.

« C’est quoi l’adresse ? »
Et là, en fonction de mon humeur, je la donne ou je ne la donne pas.
A. avait dévoré mes posts en une nuit après que je lui ai envoyé le lien. Ca m’avait beaucoup touché, pourquoi le nier ? Mais ce qui m’avait surtout touché était qu’il continue à s’intéresser à moi malgré ce qu’il avait lu.

Car je me dis toujours : le mec qui va découvrir mes posts ne va-t-il pas flipper d’un type qui discute avec son poisson rouge, ses paquets de Kleenex et qui tourne dans des clips dans le métro ? Franchement, tout ça est peut-être drôle mais est-ce véritablement attirant ? Tout cela ne manque-t-il pas de mystère ?

Mon amie Maggy disait toujours : « Les gens mystérieux n’existent pas ; y’a juste des gens qui n’ont rien à dire. »
Pourquoi Ally McBeal serait-elle la seule à être touchante et attirante tout en affichant ses gamelles et ses névroses ? Manque-t-elle pour autant de mystère ? Non, car Larry Paul n’a jamais fini par la comprendre, elle qui semblait aussi transparente que l’eau pure des volcans de Volvic.
Ce n’est pas parce que je déballe certains aspects de ma personnalité que je deviens aussi facile à lire qu’un bouquin de Marc Lévy. Cela semble une évidence et pourtant, certains garçons s’arrêteront à ces mots.

J’espère que cette fois ce ne sera pas ton cas.

Dans les dents

« Mamie accrochait ma dent de lait à un petit fil de la vierge…
– Oui…
– Puis elle accrochait l’autre bout à une poignée de porte…
– …
– ET CLANG ! ELLE CLAQUAIT LA PORTE !!!
– Ouuuuiiiiiiiin !! Je veux pas que tu me fasses ça à ma dent Maman !! S’il te plait, non, pas çaaa !! »

Fallait pas me raconter des conneries comme ça Maman, tu le regrettes encore aujourd’hui :
« Mais pourquoi ne voulais-tu pas que je t’arrache les dents de lait quand tu étais petit ? Pourquoi préférais-tu aller chez la voisine ?
– Parce que.
– Parce que quoi ? Ca aurait été aussi douloureux avec moi qu’avec Joëlle !
– Nan. Ca faisait pas mal avec Joëlle. »

« Joëlle ! C’est moi ! J’ai une dent qui va bientôt tomber ! »
Joëlle c’était la voisine du 5ème, la maman de Yoyo mon super copain. Yoyo il a un an de moins que moi. C’est un petit. Mais c’est quand même mon copain. Alors que Robin mon voisin d’en face qui est super aussi – même s’il a une Barbie et que les Barbies c’est pour les filles, bah Robin il a un an de plus. Et même si c’est un grand, bah c’est quand même mon copain.
Joëlle elle est super, elle nous apprend plein de trucs. Une fois, Yoyo il a fait la chose qu’il faut pas faire avec le doigt du milieu, le grand doigt. Et bah elle nous a grondés et nous a expliqué ce que ça voulait dire. C’est vraiment pas un truc à faire car ça veut dire quelque de très très moche. Tu veux savoir ? Tu le gardes pour toi hein ? Bah ça veut dire que tu veux que la personne à qui tu fais ça se coince le zizi dans une porte. J’te jure qu’c’est vrai ! C’est Joëlle qui nous l’a dit ! Ouais moi non plus je savais pas. Bah maintenant je vais plus le faire à personne. C’est vraiment un très gros mot.

Avec Maman la seule fois où ça pas fait mal c’est quand la dent est tombée en croquant le humburger du McDonald. C’était super génial tu te rends compte ? La dent est tombée quand j’ai croqué dans le humburger du McDonald ! C’est la fois où ça été le plus chouette de perdre une dent de lait.

« 1, 2 et… » (Je ferme très fort les yeux.)
Schtock !
Ouais, avec Joëlle ça faisait pas mal du tout.
Mais c’est pas elle qui connaissait le Petite Souris. Ca, c’était Maman.

On doit toujours rêver

Arthur m’a dit : « Si tu le tournes bien, ça peut faire un bon post. » J’ai donc la pression.

Mais pas autant que samedi soir lorsque je me suis aperçu qu’il était là.
« Il est là ! Il est là ! Il faut absolument que t’ailles lui parler », m’ont-ils tous dit.
Je suis allé me chercher un kyky-coke pour me donner du courage. Puis un autre. Et un autre. Au bout de mon demi-décalitre de pur Malt coupé à du faux Coca et de ma trente-sixième cigarette, j’étais enfin prêt à aborder.
Mais pour lui dire quoi au juste ??

« J’adore c’que tu fais ! » : entendu mille fois.
« J’ai tous tes albums ! » : ça fait tâche, surtout lorsque le gars n’en a sorti qu’un.
« Je suis un de tes plus grands fans ! » : effrayant.
« Tu danses ? » : ringard.
« Rejoins-moi dans les toilettes. » : Peut-être un peu trop direct…

Ikare a pris les derrières pour moi : « Allez, on va le voir !
– Mais heu pas maintenant, il fait trop chaud… ».

« J’ai adoré ta reprise de Moule sentimentale. »
Il faut préciser que la musique de la soirée cachait un peu la nature de leurs propos. Mais a priori, Ikare et lui avaient beaucoup de points en commun à en constater leurs éclats de rire. Et ça, ça m’a un peu agacé.
Mais Ikare est mon Ikarchoo à moi et il est kromimi-choopynoo-guylyguyly, et c’est pourquoi il m’a subtilement refilé la patata caliente : « Et là tu vois, c’est un pote qui est fan de ce qu’te tu fais ! J’vous laisse enseeemble ! »

Noooooooooooooon !! Pas comme ça Ikaaaaaaaaaaaaaare !!
Pas en lui disant que je suis fan et que j’adore c’qu’il fait !!

Mais le garçon était charmant et avait autant de discussion qu’à la télévision. Lorsque je n’enchaînais pas de peur de faire ma Susan Mayer, lui me relançait sur mon prénom, nos racines communes, ce restaurant où je l’avais aperçu sans oser l’aborder, et même sur mon métier qui avait l’air de l’impressionner ! La discussion se passait bien, très bien même.
Et pourtant je l’ai interrompue.

Now that I’ve met you
Would you object to
Never seeing each other again

Magnolia n’est pas un de mes films préférés pour rien. Evidemment qu’il y a Julianne Moore dans la pharmacie, mais il y a surtout Claudia qui se refuse à l’amour.
Jim le policier lui propose son amour dans un restaurant de LA. C’est beau, trop beau pour elle qui ne peut accepter une telle chose de peur de la salir, de la souiller. C’est pourquoi elle préfère mettre un terme à leur discussion, pour que le souvenir reste intact, encore plus beau que l’amour qu’ils auraient pu vivre ensemble. Entr’apercevoir le bonheur lui suffit, le ternir ne serait-ce qu’un instant lui serait insupportable.

C’est pour cette raison que j’ai mis un terme à la discussion avec le chanteur, lui dont les textes me font autant frissonner que son grain de voix. Pour ne pas prononcer de mots que j’aurais ensuite regretté. Pour que le souvenir reste là, intact, dans ma mémoire.

Lorsque je l’ai vu reprendre ses affaires au vestiaire, je me suis juste autorisé à lui dire au revoir. Le temps d’apprendre qu’il sortira au printemps prochain de nouvelles chansons, lorsque les magnolias refleuriront, et qu’alors peut-être nous nous connaîtrons, lui et moi, le chanteur qui me donne des frissons.